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Confinement et jeunes enfants

Information aux parents

A la télévision, à la maison ou sur internet, on ne parle que de lui : le COVID-19. Pour faire face à ce virus, les gouvernements de nombreux pays ont décidé de mettre en place des mesures de confinement qui ont changé nos quotidiens. Le rythme habituel à l’école a souvent laissé la place à un confinement à la maison ; certains parents se sont mis à travailler à la maison, d’autres ont continué à sortir pour assurer un travail de première ligne qui les expose au risque de contamination, d’autres se sont découverts spécialistes des activités pour occuper les plus jeunes, ou au contraire très démunis pour occuper tout ce temps avec leurs enfants. Des inquiétudes ont pu naître sur la sécurité financière de la famille. Les parents ont tous dû découvrir de nouvelles façons de jongler avec les contraintes propres à leur famille, avec ou sans le soutien d’un partenaire et (à distance) d’un environnement familial et amical.

Si ces bouleversements ont été importants chez les parents, et ont suscité beaucoup d’émotions, les jeunes enfants les ont aussi éprouvées, peut-être sans toujours être capables de les verbaliser. Leur monde a aussi changé, eux qui sont souvent sensibles à la familiarité de leur environnement. Ils peuvent ressentir des émotions variées : certaines sont de nature positive (être beaucoup plus avec les parents, une aubaine pour certains !), certaines sont plus négatives. La façon de les manifester est parfois déroutante pour les adultes…

Parmi celles-ci, la peur est une réaction naturelle, innée, que tous les enfants ressentent à un moment de leur vie et qui leur permet d’éviter les dangers. Mais parfois, cette peur peut être mal gérée ou trop intense pour certaines enfants: elle devient alors trop importante et donne naissance à des symptômes d'anxiété. 

L’anxiété est très répandue chez les enfants, les adolescents et même chez les adultes. Pour lutter contre cette anxiété, certains enfants ont besoin de recevoir de l’aide et de consulter un psychologue alors que pour d'autres, l'utilisation simple de petits trucs et de stratégies à mettre en place dans la vie quotidienne pourrait déjà leur faciliter la vie durant cette période.  

Ce site/cette application a été conçue dans cet objectif. En effet, dans les modules qui vont suivre, vous trouverez des conseils, des informations, des activités à réaliser à la maison qui auront pour mission de vous aider à mieux comprendre certaines difficultés qui pourraient être présentées par votre enfant, et l’aider à être plus détendu et mieux armé pour les affronter.  

Quelques définitions pour aller plus loin

Se questionner sur la peur, l’anxiété, le stress, c’est en fait utiliser l’un pour l’autre des termes qui ne sont pas équivalents pour les spécialistes.. Quelques mots pour bien vous aider ici à y voir plus clair, et comprendre rapidement ce qui peut se jouer chez votre enfant.

Dès sa naissance, chaque enfant ressent en effet, à certains moments de sa vie, des sentiments de peur, d'angoisse, et d'anxiété. Nous avons souvent tendance à croire que ces termes font référence à des concepts identiques. Cependant, en psychologie, il a été découvert que ces termes font en fait référence à des états différents (Wauthia, & Rossignol, 2018; Wauthia, 2019) .

La peur est une réaction vitale pour la survie de l'être humain, qui est mise en place par notre cerveau pour nous protéger. En effet, quand notre cerveau croit qu’une situation (réelle ou imaginée) menace notre vie ou notre sécurité, il sonne l’alarme et ordonne à notre corps de réagir (accélération des battements du cœur, de la respiration, augmentation du taux d’adrénaline dans le sang, focalisation de l'attention sur le danger) pour nous permettre de fuir ou de combattre un danger (Wauthia, 2019; Hébert, 2016). Par exemple, si un serpent tombe d'un arbre sur votre tête lorsque vous vous promenez en forêt, la peur que cela va provoquer va inciter votre corps à fuir le plus rapidement possible afin de lui échapper ou à le combattre, au choix. Chez les jeunes enfants, les situations de séparation avec les parents sont très susceptibles de déclencher une peur, assez fonctionnelle au départ : « ces gens qui s’occupent de moi habituellement sont importants pour moi, il peut être dangereux de m’en éloigner ! ». Progressivement, l’enfant va apprendre que ces séparations ne sont pas toutes dangereuses, et qu’il peut faire confiance à d’autres adultes. Le premier jour à l’école est souvent fort impressionnant pour les petits. Après un moment d’adaptation, variable en fonction des enfants, ces séparations deviennent plus faciles. Le meilleur signe est sans doute quand les enfants finissent par oublier de dire au revoir et entrent en classe sans se retourner…

Cependant, la peur peut également apparaître lorsqu’on analyse ou interprète mal la situation dans laquelle on est. Il est effectivement possible que notre cerveau ne parvienne pas à faire la différence entre les choses dangereuses et celles qui sont simplement désagréables. Dans notre exemple, il se peut que ce qui soit réellement tombé sur votre tête soit simplement une branche d'arbre. Dès lors, avoir peur d'une simple branche d'arbre devient une réaction inadéquate. Pour reprendre notre exemple plus spécifique des jeunes enfants, la séparation peut par exemple continuer à déclencher des réactions fortes, alors que tout a été fait pour rassurer l’enfant. Les liens affectifs que l’enfant parviendra à tisser avec les autres adultes, la façon dont il est habituellement rassuré à la maison, la possibilité ou non de créer des rituels rassurants à l’école, l’émotion qui persistera ou non chez l’adulte au moment de se quitter, entre autres, pourront aussi influencer la possibilité de ne plus avoir peur de se séparer.

Une réaction de peur inadéquate et incontrôlable peut, si elle influence différents aspects de la vie quotidienne, donner naissance à des symptômes d’anxiété voire même à un trouble anxieux.  Il existe enfin différents types de troubles anxieux qui ont comme caractéristique commune la présence de sentiments intenses, persistants et envahissants de peur. Certains sont qualifiés de séquellaires : certains signes normaux chez un jeune enfant peuvent devenir plus inquiétants lorsqu’il a grandi. Il importe donc bien de toujours comprendre ce qui se passe chez un jeune enfant en fonction de son âge et de son contexte de vie.

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